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L'euthanasie en question


De part sa fonction, le soignant a le désir de réparation : soigner pour guérir, rétablir la santé. Les techniques actuelles rendent performantes la médecine. Elles dissèquent, morcellent le corps à la recherche du moindre élément permettant l'élaboration d'un diagnostic puis la mise en place d'un traitement. Elles sont nécessaires en soit et se justifient pour un temps donné.

 

Le soignant peut se situer alors dans le désir de la toute puissance, le désir d'avoir une réponse à tout et de la maîtrise.

Ce fantasme peut-être renforcé par toutes les recherches en cours (génétiques avec le clonage, la cryogénisation), l';allongement de l'espérance de vie et peut majorer le désir d'immortalité.

Quand la mort est inéluctable, où se situe le soignant ?

Il rencontre certainement la difficulté de se situer entre la dépression (sentiment d'échec) et le « jusqu'au boutisme » de la toute puissance médicale (déni de la mort.) .

Tout dépend sans doute du sens que l'on donne à la Vie et à la Mort, de ses représentations (paradis, vie après la mort, ré-incarnation, mort qui hantent les vivants)

Actuellement, il existe une confusion importante entre la Vie et la Mort. Notre souci de maîtrise fait que l'idée de cette fin doit nous appartenir. La mort est considérée comme naturelle ne devant pas provoquer d'émotions, de révolte. C'est Moi, pourtant que cela concerne mais c'est souvent en terme d'existence corporelle. Ce qui domine, c'est l'image de soi et de la maîtrise. Il s'agit moins de la mort que de la fin.

C'est parce que, dans notre société, la mort doit être contrôlée, maîtrisée que l'euthanasie tient une place prépondérante (mourir dans la dignité). Avec le progrès on pense pouvoir reculer les limites de la Vie.

 

Mais jusqu'ou ?

L'euthanasie ôte tout imprévu, toute révolte.

Quel sens donner à sa vie ?

Et si les sentiments ressentis étaient normaux et nous permettaient d'y répondre ?

La mort quand elle est reconnue, ne permet-elle pas à l'Homme d'être humain ?

Mort tabou, peurs cachées inavouées.

Il n'existe plus de rites comme avant qui régissent l'approche de la mort. L'Homme l'affronte sans protections.